Paris & Île-de-France Guide technique — vérifié le 29 août 2026
Gaz naturel • 20/21 mbar • 300 à 600 mbar • Chaufferies

Alimentation gaz des bâtiments, chaufferies et petits locaux industriels

Prestations de soudeur-tuyauteur sur les réseaux gaz naturel courants : alimentation basse pression des appareils autour de 20/21 mbar et réseaux à pression intermédiaire, notamment 300 ou 600 mbar lorsque cette pression est définie par le distributeur et le projet.

Un réseau conforme commence par le bon régime réglementaire, puis le choix des matériaux, la compétence des opérateurs, les essais prescrits et une traçabilité complète.

Page pédagogique indépendante. Elle ne remplace ni l’étude du concepteur, ni le CCTP, ni les prescriptions du distributeur, ni le contrôle d’un organisme habilité. Les normes sont à consulter dans leur édition contractuelle.

Julian Osorio, soudeur-tuyauteur pour réseaux gaz
Soudeur-tuyauteur
Julian Osorio
TIG 141 • ARC 111 • Tuyauterie acier
Priorité Zéro fuite
Qualité AAS / QS • DMOS-QMOS
Dossier Plans • PV • traçabilité
Réception Essais • conformité
01 — Le point de départ

Quel texte s’applique à quel réseau ?

Le mot « gaz » ne suffit pas. L’usage du bâtiment, les limites physiques de l’installation, le fluide, la pression et la puissance déterminent le référentiel.

Règle d’or : avant de choisir un tube ou une pression d’essai, figer par écrit le fluide, la pression maximale, le point amont/aval, la destination des locaux et le régime applicable.
Situation Socle principal À retenir
Habitation individuelle ou collective
installation intérieure
Arrêté du 23 février 2018 modifié + guides CNPG approuvés, notamment IG et AAS Pression intérieure ≤ 4 bar, règles de pose, coupures, essais et certificat de conformité.
ERP (restaurants, hôtels, écoles…) Règlement de sécurité ERP, chapitre GZ dans sa version entrée en vigueur le 1er janvier 2026 + dispositions particulières du type d’ERP Implantation, coupures, ventilation, équipements, vérifications et registre de sécurité.
Bureaux / tertiaire / chaufferies Textes bâtiment et chauffage, notamment arrêté du 23 juin 1978 lorsque son champ s’applique, plus règles gaz/ERP éventuelles La puissance, la chaufferie, la ventilation et la destination du bâtiment changent les exigences.
Petit local industriel / atelier Étude de risques, Code du travail, prescriptions du site, NF EN 15001 selon son domaine et éventuelles règles ICPE/ATEX Pour chaudière, four, cabine ou procédé : identifier puissance, pression, débit, ventilation, coupures et sécurité brûleur.
Équipement sous pression Directive 2014/68/UE transposée + Code de l’environnement et arrêté du 20 novembre 2017 selon classement Évaluation de conformité, assemblages permanents qualifiés, dossier et suivi en service peuvent s’ajouter.
Distribution / transport public Code de l’environnement + arrêtés dédiés aux canalisations de distribution ou de transport Hors du simple régime d’installation intérieure : exploitant, travaux à proximité, habilitations et procédures propres.
02 — Pressions usuelles

Comprendre 20/21 mbar et 600 mbar

La pression doit toujours être lue sur le contrat de livraison, la plaque du poste et les données du distributeur. Une habitude de chantier ne suffit pas pour dimensionner ou éprouver le réseau.

20/21 mbar — alimentation finale

La pression usuelle des appareils gaz naturel est généralement voisine de 20 ou 21 mbar selon la manière de la désigner et le gaz distribué. Le dimensionnement est sensible aux pertes de charge : les diamètres deviennent vite importants sur une longue distance ou un fort débit.

Confirmer la pression minimale exigée à l’entrée de la rampe brûleur.

300 à 600 mbar — transport sur le site

Une pression intermédiaire permet de transporter le même débit avec une canalisation souvent plus petite. GRDF documente couramment une livraison à 300 mbar ; une valeur de 600 mbar peut exister dans un projet ou sur un autre réseau, mais doit être confirmée par l’exploitant.

Une seconde détente est alors nécessaire avant les appareils prévus pour 20/21 mbar.

Seuil réglementaire de 400 mbar

À 600 mbar, l’installation dépasse le seuil de 400 mbar. En ERP, depuis le 1er janvier 2026, des dispositions complémentaires concernent notamment le parcours, les matériaux, les matériels et les assemblages. En habitation collective, une coupure automatique sur sur-débit est prévue au-dessus de 400 mbar.

Il faut donc traiter 600 mbar comme un cas renforcé, pas comme du 20 mbar avec un autre manomètre.

Architecture habituelle : réseau distributeur → organe de coupure / comptage → canalisation extérieure ou parcours autorisé à pression intermédiaire → poste de détente-régulation → réseau basse pression → robinet de chaufferie → rampe gaz et brûleur.
03 — Tubes, raccords et nuances

Lire correctement une désignation matière

Une norme de produit ne rend pas à elle seule un composant acceptable. Il faut vérifier son domaine d’emploi, la pression, le mode de pose, la compatibilité gaz, le marquage et le dossier de conception.

Famille Références courantes à vérifier Lecture / usage Points de vigilance
Acier carbone NF EN 10255 (tubes filetés/soudables) ; NF EN 10216-1 ou 10217-1 selon tube sans soudure ou soudé ; autres normes selon code Ex. P235TR1 : acier pour service sous pression, limite minimale liée au grade. Ne pas mélanger série, diamètre extérieur et épaisseur. Protection anticorrosion et compatibilité du filetage indispensables.
Raccords acier à souder NF EN 10253, partie adaptée au matériau et au service Coude, té, réduction : DN, diamètre extérieur, épaisseur, angle, rayon et nuance doivent être commandés. Type A/B, résistance à la pression et correspondance avec le tube doivent être validés par le calcul/projet.
Cuivre NF EN 1057 pour tubes ; NF EN 1254, partie correspondant au raccord Désignation par diamètre extérieur × épaisseur, ex. 22 × 1 mm. Mode d’assemblage, dureté du tube, pose, protection et limitations du régime gaz.
Polyéthylène extérieur enterré NF EN 1555 (systèmes de canalisations PE pour gaz) Ex. PE100, SDR 11 : SDR = diamètre extérieur / épaisseur nominale. Réservé aux parcours autorisés. Interdit à l’intérieur des bâtiments d’habitation et en aérien sauf exception encadrée ; transition PE/métal avant la pénétration selon conception.
Inox / flexibles Norme produit et système correspondant à l’usage prévu Seulement si le système est reconnu par le référentiel applicable et la notice fabricant. Ne jamais substituer « parce que c’est inox ». Vérifier raccords, joints, mise à la terre/liaisons et feu.
Robinets, détendeurs, régulateurs Norme produit, marquage et performances exigés par le régime Gaz, pression amont/aval, débit, plage, sens, température, sécurité de sur/sous-pression. Accessibilité, ventilation, évent, protection, maintenance et position de sécurité.

Marquage à contrôler à réception

  • Fabricant, norme et nuance/grade.
  • Dimensions : DN ou diamètre extérieur, épaisseur, SDR/série.
  • Lot ou coulée, date et traçabilité avec certificat.
  • Pression/diamètre/compatibilité gaz des accessoires.
  • Absence de choc, corrosion, ovalisation ou contamination.

Certificat matière

Pour les tuyauteries industrielles ou sous pression, le projet peut exiger un document de contrôle selon NF EN 10204, souvent 3.1. En installation gaz de bâtiment, la conformité des matériels et le certificat réglementaire de l’installation ne doivent pas être confondus avec un certificat matière 3.1.

Le niveau documentaire est fixé par le code de construction, le CCTP, le classement éventuel et le plan qualité.

04 — Assemblages et compétences

Souder, braser ou raccorder mécaniquement ?

Acier soudé

TIG 141, ARC 111 ou autre procédé selon épaisseur, position et matériau. Préparation, purge éventuelle, consommables, préchauffage et contrôles sont fixés par le mode opératoire.

En collectif habitation, l’attestation d’aptitude spécifique au mode d’assemblage et au matériau est exigée en aval de l’OCG.

Cuivre brasé

Brasage tendre, fort ou soudo-brasage ne sont pas interchangeables. La brasure tendre est interdite pour les installations collectives d’habitation et dans d’autres cas fixés par le référentiel.

Choisir métal d’apport, jeu, préparation et température selon matériau, diamètre et domaine.

Mécanique / PE

Raccords filetés, à sertir ou électrosoudables uniquement s’ils sont admis dans le domaine concerné. En habitation, bicônes/olives, filasse et rubans d’étanchéité sont interdits.

Respecter l’outillage, le joint, le couple, le fabricant et la compétence opérateur.

Deux systèmes à ne pas confondre : l’AAS du guide gaz atteste l’aptitude pour certains assemblages d’installations gaz ; une qualification de soudeur NF EN ISO 9606-1 qualifie un soudeur dans un domaine de validité. En tuyauterie industrielle, le DMOS/WPS est généralement fondé sur une QMOS/WPQR (par exemple NF EN ISO 15614-1). Le contrat et le régime déterminent ce qui est exigé, parfois les deux.
Document Ce qu’il prouve Contrôle chantier
Qualification / attestation opérateur Compétence dans un domaine : procédé, matériau, diamètre, épaisseur, position, type d’assemblage. Validité, continuité et couverture exacte du joint à réaliser.
DMOS / WPS Instruction de soudage à appliquer : paramètres, préparation, consommables, passes, températures. Bonne révision disponible au poste et comprise par le soudeur.
QMOS / WPQR Qualification du mode opératoire par essai et contrôles. Domaine de validité compatible avec matériau, diamètre et épaisseur.
Plan de contrôle Étapes, critères, responsables et points d’arrêt. VT avant/pendant/après, CND prévus, enregistrements signés.
05 — Dimensionnement et implantation

Un diamètre ne se choisit pas dans un tableau unique

Le calcul doit garantir le débit aux appareils sans dépasser la perte de pression admissible, tout en vérifiant vitesse, bruit, simultanéité, pression disponible, détente et conditions extrêmes.

Débit gaz ≈ puissance absorbée totale / pouvoir calorifique — puis calcul des pertes de charge avec pression amont, pression minimale brûleur, longueur, accessoires et simultanéité

Dimensionnement

  • Inventaire et puissance de chaque appareil.
  • Coefficient de simultanéité justifié.
  • Longueurs réelles et longueurs équivalentes des singularités.
  • Perte de charge maximale autorisée par le référentiel/distributeur.
  • Diamètre intérieur réel lié au tube et à son épaisseur.
  • Cas de démarrage, débit minimal et stabilité du régulateur.

Implantation

  • Canalisation visible ou rendue visitable selon les règles.
  • Protection contre chocs, corrosion, chaleur, UV et mouvements.
  • Traversées, fourreaux et calfeutrements compatibles feu.
  • Éloignement des réseaux électriques et absence d’usage comme terre.
  • Supportage sans contrainte sur appareils ni raccords.
  • Repérage du fluide, sens et organes de coupure.

Ventilation et combustion

La ventilation n’est jamais une valeur générique à recopier. Elle dépend du local, du type d’appareil, de la puissance, de l’amenée d’air comburant, de l’évacuation des produits de combustion, du gaz et du texte applicable. Pour une chaufferie entrant dans le champ de l’arrêté du 23 juin 1978, une ventilation permanente basse et haute est notamment prévue. Les ouvertures ne doivent pas être obturées.

06 — Sécurité fonctionnelle

Coupure, détente, régulation et détection

Organes de coupure

OCG, OCI, OCS, OCA ou coupures industrielles selon le régime. Ils doivent être accessibles, identifiés, manœuvrables et placés aux emplacements réglementaires.

Détendeur 600 → 20 mbar

Choix par pression amont minimale/maximale, débit minimal/maximal et dynamique des brûleurs. Prévoir filtre, sécurités, évent, accessibilité et conditions de réarmement selon conception.

Sécurités

Sur-débit, surpression, sous-pression, défaut flamme, manque d’air ou arrêt d’urgence selon installation. Toute logique doit être testée et documentée.

Détection gaz

Pas automatiquement obligatoire partout. Lorsqu’elle est prévue : capteur adapté au gaz, emplacement issu de l’étude, alarmes, asservissements et maintenance périodique.

07 — Contrôles et réception

Essais de résistance et d’étanchéité

Ne jamais publier ni appliquer une pression d’essai “universelle”. Le fluide d’essai, la pression, la durée, la stabilisation, l’instrumentation et les critères sont ceux du référentiel et de la catégorie réelle de l’installation. Isoler ou déposer les appareils qui ne supportent pas l’essai.

Procédure minimale

1
Préparer
Plan isométrique, limites d’essai, obturations, consignation, risques, étalonnage des instruments.
2
Inspecter
Contrôle visuel, supports, assemblages, accessibilité et conformité des composants.
3
Éprouver
Montée contrôlée, stabilisation, surveillance et enregistrement selon procédure.
4
Rechercher les fuites
Méthode compatible ; jamais de flamme. Contrôle des joints et organes.
5
Tracer
PV avec circuit, pression, durée, température si utile, appareils, résultats, réserves et signatures.

Contrôles soudage

  • VT : préparation, pointage, passes et état final.
  • PT ou MT : défauts débouchants/surface selon matériau.
  • RT ou UT : contrôle volumique si plan de contrôle.
  • Critères d’acceptation issus du code/contrat.
  • Réparations selon procédure approuvée puis nouveau contrôle.

Un essai d’étanchéité ne remplace pas les CND exigés ; les CND ne remplacent pas l’essai final du réseau.

08 — Dossier qualité

Traçabilité, mise en service et maintenance

Avant travaux

  • Régime et limites définis.
  • Plans, note de calcul, analyse de risques.
  • Liste composants et certificats attendus.
  • Qualifications, DMOS/QMOS si requis.
  • Plan de contrôle et procédure d’essai.
  • Consignation et permis feu.

Dossier de fin de travaux

  • Plans « tel que construit » et repérage.
  • Bordereau matière, certificats, lots/coulées.
  • Carnet de soudures et identification opérateurs.
  • Rapports VT/CND et PV d’essais.
  • Réglages et essais de sécurités.
  • Certificat de conformité/rapport réglementaire applicable.

Exploitation

  • Procédure de mise en gaz et purge sécurisée.
  • Instructions d’urgence et coupures repérées.
  • Contrôles périodiques et maintenance fabricant.
  • Vérification ventilation, corrosion et supports.
  • Essais périodiques des alarmes/asservissements.
  • Mise à jour après toute modification.
Habitation : l’installateur est responsable de la partie neuve ou modifiée et établit le certificat de conformité requis. Les modèles 1, 2 ou 3 dépendent de la zone des travaux. Avant mise/remise en gaz, les contrôles et le visa éventuel suivent l’arrêté du 23 février 2018.
09 — Retour chantier

12 erreurs fréquentes à éviter

  1. Appliquer le DTU habitation à une tuyauterie industrielle.
  2. Commander seulement « DN 50 » sans diamètre ni épaisseur.
  3. Souder sans vérifier le domaine de la qualification.
  4. Confondre certificat matière 3.1 et certificat gaz.
  5. Mettre du PE à l’intérieur d’un bâtiment.
  6. Cacher un raccord démontable dans une zone interdite.
  1. Utiliser filasse, ruban ou bicône là où ils sont interdits.
  2. Neutraliser ou réduire une ventilation permanente.
  3. Rendre une vanne de coupure inaccessible.
  4. Éprouver à une pression copiée d’un autre chantier.
  5. Mettre en gaz sans PV, certificat ou autorisation requis.
  6. Modifier le réseau sans mettre à jour plans et dossier.
10 — FAQ

Questions courantes des clients et soudeurs

Pour les installations collectives d’habitation en aval de l’OCG, une attestation d’aptitude spécifique au mode d’assemblage et au matériau est exigée. En industrie ou sous pression, une qualification NF EN ISO 9606-1 et un mode opératoire qualifié peuvent être imposés par le code, le classement ou le contrat. Vérifier le domaine exact, pas seulement le nom du certificat.

Oui dans de nombreux cas, mais pas sur la seule appellation « acier noir ». La norme produit, la nuance, les dimensions, la soudabilité, la pression, la protection anticorrosion et le mode de pose doivent être validés.

Il n’existe pas d’épaisseur universelle. Elle vient de la norme de produit et du calcul ou des tableaux du référentiel applicable, avec pression, diamètre, tolérance, corrosion, charges et mode d’assemblage.

Uniquement si la rampe gaz et tous ses composants sont conçus et réglés pour cette pression. Dans le cas courant d’un appareil prévu autour de 20/21 mbar, un poste de détente-régulation est nécessaire en amont, avec les sécurités et essais prévus par le fabricant et le référentiel.

La pression intermédiaire permet généralement de réduire le diamètre sur une liaison longue ou à fort débit. La pression réelle de livraison doit cependant être confirmée par le distributeur. Au-dessus de 400 mbar, des exigences complémentaires s’appliquent dans plusieurs régimes.

Non. Son emploi et son assemblage dépendent du régime, de la pression, de l’emplacement et des guides applicables. Une protection mécanique ou des restrictions peuvent s’ajouter.

Jamais. La recherche de fuite utilise une méthode et un produit compatibles, dans une procédure sécurisée. Toute flamme est interdite.

Pas automatiquement sous ces appellations pour tous les travaux. Le guide AAS encadre l’aptitude aux assemblages gaz collectifs. En industrie, sur équipements sous pression ou si le CCTP l’exige, DMOS/QMOS deviennent courants voire obligatoires.

La réponse dépend de la limite de garde, du distributeur, du type d’installation et des procédures du site. La remise en gaz ne se fait qu’après essais, documents et contrôles requis, par une personne autorisée.

Non. Détection, ventilation, coupure et prévention répondent à des fonctions différentes. Une détection n’autorise pas à supprimer une ventilation réglementaire.
11 — Sources vérifiées

Textes officiels et référentiels

Liens consultés pour cette page. Les normes AFNOR sont citées comme référentiels techniques : vérifier l’édition en vigueur et celle rendue contractuelle par le marché.

Mise à jour éditoriale : 29 août 2026. En cas d’écart, le texte officiel consolidé, la décision administrative, le CCTP et le référentiel contractuel priment.

Projet gaz

Préparer l’intervention avant la première soudure

Transmettez le gaz, la pression, les plans, les diamètres, le régime du bâtiment, le CCTP et les contrôles attendus pour vérifier la faisabilité et les qualifications nécessaires.